Economie

Le constat
Les conséquences du capitalisme moderne sont intenables à long terme. Le creusement des inégalités, l’appauvrissement des classes moyennes et populaires engendrent des tensions croissantes au sein de la société. La destruction de l’environnement et l’épuisement des ressources naturelles compromettent notre santé et l’avenir de nos enfants sur cette planète. Cependant, nous ne pensons pas que les solutions sont à chercher dans les idéologies du passé, telles que le communisme ou le protectionnisme nationaliste. Nous devons apporter des alternatives nouvelles, qui puissent s’insérer rapidement dans le modèle économique actuel, pour le transformer de l’intérieur.

L’objectif
Notre horizon : la société post-capitaliste, c’est-à-dire une société où les valeurs d’égalité et de liberté sont fondamentales. D’égalité, en refusant tant la pauvreté que l’enrichissement démesuré et en donnant à tous les mêmes chances de s’élever socialement. De liberté, en encourageant la création d’entreprises, l’innovation, la possibilité de rejoindre les couches aisées de la population, par son travail plutôt que par un éventuel droit de naissance. Nous prônons une économie au service d’une société conviviale, solidaire et ouverte sur le monde. Une économie qui revalorise les classes moyennes, les indépendants et les PME. Une économie qui relève le défi de la transition écologique. Une économie qui encourage les partenariats commerciaux favorables aux populations locales et non à une poignée de multinationales.

Au niveau international
L’Europe est devenue un grand laboratoire pour recettes néolibérales, au bénéfice des très grosses fortunes et des grandes entreprises transnationales. Ses objectifs d’austérité budgétaire et de privatisation des services publics appauvrissent les citoyens européens. Son ambition de dérégulation maximale des marchés est dangereuse pour les indépendants et les PME, qui se retrouvent mis en concurrence avec des « poids lourds » économiques, capables de les éradiquer. Au niveau européen, nous nous battrons avec toutes les bonnes volontés politiques en présence pour protéger les citoyens et redonner ses lettres de noblesse à l’entrepreunariat durable. Cela passe par :

  • L’abandon du traité budgétaire européen et des directives qui imposent l’austérité aux peuples.
  • La sortie (ou l’arrêt des négociations) des accords internationaux de libre-échange, tels que le CETA, le TISA, ou le TTIP.
  • L’inscription, dans les traités européens, de la primauté de l’intérêt collectif (en ce compris la préservation de l’environnement) sur les règles de concurrence libre et non faussée des marchés.
  • La possibilité, pour les Etats membres, de soustraire aux règles du marché libre certains secteurs essentiels à la collectivité (soins de santé, énergies, transports, etc). Enfin, il est également indispensable d’instaurer, au niveau européen et, plus largement, international.
  • Une taxe Tobin sur les transactions financières, et des restrictions plus drastiques sur les mouvements internationaux de capitaux spéculatifs.
  • Une véritable politique de lutte contre l’évasion fiscale.

Au niveau national
Nos principales mesures fiscales et budgétaires
Nous considérons qu’aussi bien l’impôt que les différents mécanismes de protection sociale doivent, d’une part, conduire à une plus grande égalité entre les citoyens, d’autre part, encourager l’adoption de comportements en accord avec nos objectifs sociétaux (ex. : la préservation de l’environnement). C’est pourquoi nous préconisons :

  • Un relèvement du niveau de protection sociale pour ceux qui démarrent une profession libérale ou créent leur propre entreprise.
  • Un allègement des charges pour les nouveaux emplois créés dans les PME.
  • Une TVA repensée avec, notamment, un taux de 0 % élargi aux biens et services de première nécessité (ex. boissons et aliments non manufacturés, services juridiques, soins vétérinaires, etc.) et un taux supérieur à 21 % pour les produits de grand luxe (ex. : haute couture, voitures de luxe, etc.).
  • Parmi les paramètres pris en compte pour redéfinir le taux de TVA, l’impact du bien ou du service sur la santé ou l’environnement (ex. : taux réduit pour les produits bio, les soins de santé préventifs ; taux plus élevé pour les boissons sucrées, les produits jetables, etc.).
  • Un cadastre des fortunes et un impôt sur le patrimoine à partir de 2 millions d’euros, taxé de manière progressive (1% de 2 à 3 millions, 2% de 3 à 4 millions % et 3 % au-delà de 4 millions). Ce patrimoine reprend l’ensemble du patrimoine mobilier et immobilier, à l’exclusion de l’habitation principale (dont la valeur inférieure ou égale à 500 mille euros sera soustraite au calcul du patrimoine).
  • La globalisation des revenus du capital et du travail, soumis de manière égale à une taxation progressive.
  • La taxation des plus-values sur actions pour lutter contre la spéculation boursière. Cette taxe variera en fonction de la durée de détention des actions. Ainsi, une action détenue durant un court laps de temps serait davantage taxée qu’une action conservée à long terme.
  • L’introduction d’une taxe sur les robots lorsque ceux-ci se contentent de remplir des tâches humaines, pour éviter la concurrence déloyale et grandissante de la technologie par rapport au travail humain.

La transition écologique, une priorité
Pour devenir durable, notre économie devra être repensée au regard des impératifs écologiques qui conditionnent notre avenir commun. Un modèle économique basé sur une croissance continue, et donc la production immodérée de biens jetables ou à obsolescence programmée, est intenable à long terme. Nous devons réorganiser notre économie, non plus autour du profit à tout prix, mais des besoins réels de la société, en accord avec le respect de l’environnement. La transition écologique nécessitera des investissements publics conséquents, un soutien accru à la recherche et à l’innovation et des partenariats public-privé nous permettant d’atteindre les objectifs suivants :

  • Garantir notre autonomie en énergies 100 % renouvelables d’ici à 2050, à un coût abordable pour la population.
  • Développer des centres de tri performants et des usines de production de recyclats (matières premières issues du recyclage, comme les déchets plastiques transformés en granulats). Notre but : devenir les leaders européens dans ce secteur
  • Investir dans l’économie circulaire.
  • Favoriser l’économie de partage.
  • Réorienter les aides à l’industrie agroalimentaire vers l’élevage et l’agriculture écologique paysanne.
  • Soutenir le développement de circuits courts (mise en relation des consommateurs avec de petits producteurs locaux).

La valorisation du modèle coopératif
Pour nous, l’égalité radicale se conçoit dans tous les domaines de la société, y compris celui de l’entreprise. C’est pourquoi nous voulons favoriser le modèle des coopératives, basé sur la propriété collective du capital et la gouvernance démocratique. Le soutien au modèle coopératif est d’autant plus nécessaire que, de par la participation démocratique des travailleurs au prises de décision, il participe à la pérennisation des entreprises et donc à la stabilisation de notre économie. Tout le contraire du modèle actionnarial qui encourage la spéculation boursière et donc, bien souvent, les destructions d’emploi. Le soutien public apporté au modèle coopératif se traduira par :

  • Une aide à la création et à l’accompagnement des coopératives.
  • Un accès prioritaire au système de monnaie locale complémentaire qui sera parallèlement mis en place (voir ci-dessous).

Un programme économique post-capitaliste

Nos buts

  • Favoriser les entreprises et les modes de consommation éthiques, solidaires et respectueux de l’environnement
  • Offrir des services publics solides, durables et élargis
  • Garantir le plein-emploi

Nos armes 

  • La semaine des quatre jours (ou 32 h/semaine)
  • Le principe de « L’Etat employeur en dernier ressort »
  • La création d’une monnaie locale complémentaire
  1. La semaine des quatre jours (avec maintien du salaire) est indispensable pour sortir du clivage entre travailleurs qui cumulent souvent temps plein et heures supplémentaires, au détriment de leur santé, et chômeurs qui, loin du monde du travail, peuvent souffrir d’exclusion sociale. Une meilleure répartition du temps de travail présente plusieurs avantages :
    - La création potentielle de 300 000 à 500 000 nouveaux emplois ;
    - Une augmentation du pouvoir d’achat (grâce à la création de ces nouveaux emplois)
    - Une augmentation de la productivité des travailleurs, conséquence d’un meilleur équilibre temps de  travail/vie de famille ;
    - Une société plus conviviale, où chacun disposerait de temps pour l’éducation de ses enfants, ou pour prendre soin d’un parent malade ou âgé.
    Les entreprises qui embauchent pour compenser cette diminution du temps de travail contribuent à faire baisser le chômage. Il est donc normal qu’elles bénéficient d’une baisse des cotisations sociales.

  2. L’Etat employeur en dernier ressort est un principe qui permet à tous de jouir d’un revenu décent, mais qui, à la différence du revenu universel, valorise la notion de “travail”. En outre, il permettrait de favoriser la transition écologique et d’offrir des services publics élargis et de meilleure qualité à la population.

    Ce principe est simple : plutôt que de percevoir des allocations sociales, tout chômeur serait en droit de réclamer un emploi aux autorités, rémunéré au salaire de base dans le secteur public (ou plus suivant ses qualifications). Les domaines qui nécessitent des créations d’emploi sont nombreux : aide aux enfants et aux personnes malades ou âgées, accueil et accompagnement des réfugiés, rénovation écologique des bâtiments publics inoccupés, amélioration de la qualité de vie urbaine, etc.

    Cette mesure sera financée par un impôt fortement progressif, ainsi que grâce aux économies réalisées sur les allocations de chômage. De plus, une partie des revenus générés servira à alimenter une économie durable, éthique et solidaire, grâce à notre troisième mesure : la création d’une monnaie locale complémentaire.

  3. Depuis la crise de 2008, des milliers de monnaies locales complémentaires ont vu le jour à travers le monde. Elles permettent de rediriger une partie du pouvoir d’achat vers les biens et services des entreprises qui respectent l’environnement et les travailleurs.

    La monnaie complémentaire que nous créerons n’a pas vocation à remplacer l’euro, mais à soutenir ces entreprises face aux multinationales sans scrupules. Elle servira à acheter les biens et services des entreprises qui:
    - Fonctionnent sur base d’une gouvernance démocratique et de la propriété collective du capital (modèle coopératif)
    - Poursuivent une finalité sociale
    - S’inscrivent dans la transition écologique

    Cette monnaie sera soutenue par les pouvoirs locaux. En effet, les emplois créés dans le cadre du système “Etat employeur en dernier ressort” seront prestés 4 jours/semaine et leur rémunération équivalente à un emploi de 5 jours/semaine. 1/5e du salaire-poche de ces emplois sera versé en monnaie locale. Les citoyens auront également la possibilité de payer les taxes régionales et communales en monnaie complémentaire.

Des échanges économiques respectueux des peuples
A nos yeux, il est impératif que les échanges économiques internationaux s’établissent sur un mode égalitaire et bénéficient en priorité aux travailleurs et aux populations locales, plutôt qu’à une poignée de multinationales et à l’élite globalisée.
En ce sens, il sera également possible de créer, en plus des échanges commerciaux classiques, des partenariats avec d’autres communautés, en Europe et dans le monde, qui utilisent des monnaies complémentaires pour promouvoir une économie globale respectueuse de l’homme et de l’environnement.

Une banque 100 % publique
Enfin, nous jugeons essentiel de pouvoir disposer d’une banque de dépôt 100 % publique, à la fois pour mettre en place une politique en faveur de la transition énergétique et pour créer une monnaie locale complémentaire, de façon à soutenir l’économie sociale, solidaire et éco-responsable.