Décolonisation radicale

Notre société et la politique mondiale sont déterminées par une inégalité qui trouve ses origines dans l’histoire. Les conquêtes violentes, la colonisation, la traite des esclaves, les famines provoquées par les conflits politiques, la dégradation et la subordination économiques, l'exploitation, les génocides, le redécoupage des frontières et une longue série de guerres cruelles pour préserver les positions coloniales sont autant de faits historiques qui ont, encore aujourd’hui, une incidence sur l’ordre politique et économique mondial. La domination occidentale et le sentiment de supériorité qui l’accompagne règnent en maîtres depuis des siècles. Les connaissances générales et la sensibilisation par rapport à ces réalités sont faibles. En ce sens, Be.One veut enclencher une décolonisation radicale des esprits.

  • Nous voulons une politique et un débat public qui respectent et valorisent les cadres de référence, les connaissances, les expériences, les valeurs, les souhaits et les aspirations des personnes d'origines non occidentales.
  • La politique et l'éducation doivent refléter une prise de conscience de la brutalité structurelle séculaire dont le Sud a été victime, ainsi que des conséquences durables qui l’ont suivie. L'éducation doit être dispensée de façon moins eurocentrée et accorder plus d'attention à l'histoire et à l'actualité non occidentales. Elle doit oser aborder les questions liées à l'inégalité historique et actuelle, ainsi que les pratiques qui y sont associées.
  • La Belgique doit se réconcilier avec son passé colonial, comme les crimes commis par Léopold II et, plus tard, les interventions non autorisées au Congo, au Rwanda et au Burundi. Des excuses formelles doivent être présentées aux peuples colonisés. Il est également nécessaire d’élargir la recherche scientifique et de diffuser à plus grande échelle les connaissances sur le colonialisme et le néo-colonialisme par le biais de l'éducation et des médias.
  • Les dénominations de rues portant les noms de dirigeants coloniaux, comme celui de Léopold II, doivent être remplacées par les noms des héros de la décolonisation tels que Patrice Lumumba, Nelson Mandela ou Abdelkrim Al Khattabi. Les statues coloniales doivent être transférées dans des musées et assorties d’explications ad hoc.
  • Les pays riches doivent tenir davantage compte de leur responsabilité historique en matière de changement climatique, de dégradation de l'écosystème planétaire et de l'épuisement des matières premières. Le Sud a droit à des compensations lui permettant de faire face aux conséquences de ce changement climatique.
  • Nous rejetons le système économique dans lequel la production de haute technologie reste principalement le privilège des pays riches et industrialisés. De grandes parties du monde sont actuellement condamnées à fournir une main-d'œuvre peu rémunérée, ou des matières premières et produits agricoles aux prix bradés. Les règles du commerce international doivent être réécrites, de telle sorte que les pays africains et les autres pays du Sud puissent enfin développer une industrie de haute technologie et un secteur de services indigènes.